Adopter l’écoute active et bienveillante à la maison

Adopter l’écoute active et bienveillante à la maison

L’écoute active renforce la qualité des relations familiales. Découvrez 5 techniques de communication permettant d’aller vers une écoute bienveillante et empathique.

Matteo, 8 ans, arrive près de son papa et lui dit “J’en ai marre de Sophie. Je veux plus qu’elle soit ma sœur !”

Son père, en télétravail, n’a pas le temps de commencer à discuter. “Arrête de raconter des bêtises Matteo. Va plutôt jouer dans le jardin”.

Le grand frère quitte la pièce. Frustré. Triste. Son papa n’a pas voulu l’écouter.

Pourtant, s’il avait pu parler un peu plus, il aurait certainement pu expliquer pourquoi sa petite sœur pleure la nuit. Il avait même une super idée pour solutionner le problème...

Tant pis. Ses parents continueront à se demander pourquoi les nuits de Sophie sont si mauvaises. Lui, il ne parlera plus de cela, car à chaque fois, son papa se fâche.

L'écoute est une compétence importante de la vie.

La façon dont on pratique l’écoute a un impact majeur sur la qualité des relations à la maison.

On remarque ainsi que l'écoute passive peut engendrer un sentiment d’incompréhension ou de solitude. L’écoute active, quant à elle, permet d’établir une relation de confiance et de complicité.

 

Qu’est-ce que l’écoute active ?

Selon le psychologue américain Carl Rogers, “L’écoute active est une technique de communication qui consiste à utiliser le questionnement et la reformulation afin de s’assurer que l’on a compris au mieux le message de son interlocuteur et de le lui démontrer.”

L’écoute active et empathique constitue un moyen d'améliorer la communication parents-enfants. Elle :

contribue à l’établissement des relations : chaque membre s’intéresse à ce que l’autre dit ;

résout des problèmes : les solutions ne sont pas imposées. Elles viennent d’ellesmêmes au cours de la discussion ;

assure la compréhension : via des questions ouvertes et un intérêt spontané ;

accepte les silences : chacun a la possibilité d’explorer ses pensées et ses sentiments.

 

5 conseils pour une écoute active à la maison

Avouons-le : écouter activement ce n’est pas toujours facile.

Oui, nous écoutons et nous entendons nos enfants. Mais est-ce que nous nous concentrons réellement sur le fond du message ?

La pratique de l’écoute active demande, à chacun, de grands efforts, du temps et de la concentration.

Voici quelques idées pour pratiquer l’écoute active ou simplement, mieux écouter.

 

Bien accueillir la situation

Dans la situation expliquée dans notre introduction, le papa de Matteo était occupé.

Il était fatigué, énervé avec le travail. Cela arrive à tous les parents !

Il ne s’est pas rendu compte que son fils avait besoin d’être entendu.

Sans le vouloir, il risque que son enfant hésite à venir lui parler quand il ne va pas bien.

Pour réagir avec bienveillance dans ce genre de situation, il est conseillé :

d’accorder de l’attention à l’enfant ;

d’arrêter ce que l’on est en train de faire (quelques minutes) ;

d’établir un contact visuel en faceà-face ;

d’avoir une bonne posture et de se mettre à la hauteur du petit ;

de montrer qu’on écoute l'enfant attentivement.

 

Penser à ce que l’enfant vit et non à ce qu’il dit

Il est important de garder l’esprit ouvert, d’être attentif et capable d’écouter.

L’adulte de la conversation doit pouvoir faire preuve d'écoute sans arrière-pensée et sans tirer de conclusions hâtives.

À ce moment, l’enfant a besoin d’empathie. Sentir qu’il est la personne la plus importante aux yeux de ses parents est essentiel.

Pourquoi Matteo dit à son papa qu’il en a marre de Sophie ?

Ses mots forts cachent très certainement un sentiment de mal-être.

Matteo adore sa petite sœur. Pourquoi voudrait-il, tout d’un coup, qu’elle ne fasse plus partie de la famille ?

Est-ce que c’est parce qu’elle pleure souvent la nuit et l’empêche de dormir ?

La communication non-violente nous permet de rapidement obtenir la réponse à cette question.

 

S’intéresser plus à l’enfant qu’au problème

Généralement, la meilleure façon d’aider et de comprendre le sentiment négatif de l’enfant est en lui posant des questions ouvertes. Cela permet de reformuler ce qu’il dit et, par la suite, de clarifier la situation.

Exemple de dialogue d’écoute plus attentive entre Matteo et son papa

Père : “Tu dis que tu en as marre de Sophie. Pourquoi tu dis ça ?”

Matteo : “J’en ai marre qu’elle pleure tout le temps. Ça m’empêche de dormir parce que je n’aime pas savoir qu’elle a peur dans le noir.”

Père : “Pourquoi tu penses que Sophie a peur dans le noir ?”

Matteo : “Parce qu’elle a peur qu’il arrive la même chose que dans le film qu’on a vu l’autre jour.”

Père : “Ah bon ? J’ai l’impression que tu as déjà une idée de ce qu’on pourrait faire pour qu’elle se sente mieux la nuit.”

Matteo : “Oui. Il faut lui expliquer qu’elle est en sécurité avec nous. On peut lui mettre une petite veilleuse dans sa chambre, comme celle qu’on a vu chez Ikea.”

Sur cette base, le papa de Matteo peut, en quelques minutes :

comprendre pourquoi sa fille pleure ;

avoir une solution au problème.

De plus, écouter le point de vue de son fils contribue à renforcer leur qualité relationnelle.

 

Montrer du respect à l’enfant pour mieux communiquer

Les gestes qu’il faut

Savoir écouter, c’est aussi travailler le non-verbal. En effet, la maîtrise du langage corporel est importante.

Un simple signe de la tête, le maintien du contact visuel avec l’enfant, une main encourageante posée sur son épaule...

Le temps nécessaire

Une bonne pratique de l’écoute, c’est laisser parler l’autre sans l’interrompre.

Cette situation ne nous appartient pas. Chacun la vit à sa façon. Le but n’est pas d’imposer ses solutions ou de convaincre la personne de gérer le problème comme nous le ferions.

 

Jouer au miroir prouve l’excellente capacité d’écoute

Savoir écouter l’autre, c’est aussi pouvoir mettre en relief les sentiments qui accompagnent ses mots.

Le feedback

Donner un feedback de façon régulière est très bon dans ce genre de conversation :

“C’est difficile pour toi d’entendre Sophie pleurer la nuit.”

“Tu dois être vraiment content d’avoir trouvé une solution à ce problème.”

L’écoute bienveillante permet de répéter ce que l’enfant dit et de lui assurer que vous l’avez écouté et compris.

La curiosité

Les curieux sont généralement de très bons auditeurs !

Ils désirent constamment en savoir plus pour mieux comprendre.

Une question ouverte peut toujours être suivie d’une question de clarification afin de confirmer qu’on a bien compris.

Question ouverte :

“Qu’est-ce que tu veux dire quand tu me dis que tu ne veux plus que Sophie fasse partie de la famille ?”

Question de clarification :

“Si je comprends bien, c’est trop dur pour toi, en tant que grand frère, de savoir qu’elle a peur ?”

Le but est bel et bien de faire preuve de disponibilité et d’écoute pour comprendre. Pas pour trouver une solution.

 

Un pas de plus vers une écoute active

Nous ne sommes pas des magiciens !

On peut parfois ne pas être certain de comprendre ce que ressent l’enfant.

Il peut pleurer sans que l’on sache s’il est en colère, s’il a peur ou s’il est triste. Lui-même ne sait peut-être pas ce qu’il ressent.

Une bonne relation d’écoute permet certainement de découvrir ce qui lui arrive : “On dirait bien que quelque chose ne va pas, ma puce. Qu’est-ce qu’il se passe ?”

Nombreux sont les parents qui ont peur de se tromper.

Lorsqu’ils acquièrent des compétences d'écoute active, ils craignent de résumer et d'étiqueter de manière incorrecte les sentiments de leur bambin.

Nous pouvons faire confiance à nos enfants pour nous corriger si nous décrivons mal leurs sentiments ! L’écoute attentive des besoins nous aide à poser des questions et comprendre la situation.

 

Envie d’en savoir plus ?

Les techniques d’écoute ne s'apprennent pas du jour au lendemain. Cela peut même se travailler via des séances de coaching !

Testez durant quelques jours et voyez à quel point le développement de l’écoute de l’autre peut être bénéfique à la maison ;-)


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