Comment éviter et gérer les crises chez l’enfant

Comment éviter et gérer les crises chez l’enfant

Les crises de frustration et de colère d’un enfant sont difficiles à gérer. Comment éviter cris et pleurs via des gestes simples ? Que faire pour apaiser l’enfant ?

La crise de colère peut être frustrante pour tout parent.

Elle apparaît sous forme de gémissements, de pleurs, de cris ou de coups de pied.

Certaines crises ne durent que quelques minutes tandis que d’autres peuvent être bien plus longues (plus d’une heure).

Généralement, elles surviennent lorsque l’enfant est fatigué, a faim ou se sent mal à l'aise. Il devient agressif ou colérique parce qu'il ne peut pas obtenir quelque chose ou faire ce qu'il désire. Durant cette phase d’opposition, de jeunes enfants vont même jusqu’à courir en hurlant ou retenir leur respiration pour montrer qu’ils sont frustrés ou contrariés !

Aussi fréquente chez les garçons que chez les filles, la crise de colère fait partie du développement. Elle débute durant la petite-enfance, lorsque les compétences linguistiques et l’autonomie du petit commencent à se développer.

Certains enfants en ont régulièrement et d'autres, rarement.

Essayons de décoder le sens et les causes de ces émotions négatives. Comment éviter ces durs moments et, le cas échéant, comment faire face aux crises ?

Comprendre les crises de colère

Qu’est-ce qu’une crise de colère ?

Selon Wikipedia, “La colère est un état affectif violent et passager, résultant du sentiment d'une agression, d'un désagrément, une frustration, traduisant un vif mécontentement entraînant des manifestations physiques ou psychologiques par une personne.”

Dans un article précédent, nous parlions déjà de la psychothérapeute Isabelle Filliozat.

Celle-ci différencie 3 types de colères :

1. La colère liée aux émotions : tension et stress

L’enfant est à fleur de peau. Il se met en colère plusieurs fois par jour pour de simples choses, car il ressent le besoin d’expulser sa tension. C’est sa façon de se libérer d’une décharge émotionnelle.

2. La colère liée à une affirmation des limites personnelles

Des amis et leur fille viennent à la maison. Celle-ci commence à jouer avec un doudou ou un jouet qui ne lui appartient pas.

L’enfant “propriétaire” de ces objets montre de l’agitation et devient anxieux. Afin de montrer qu’il atteint ses limites, il fait une colère ou une crise terrible devant tout le monde.

3. La colère liée à la frustration

L’enfant veut manger des bonbons avant l’heure du coucher. Ses parents refusent et lui proposent, en alternative, sa tétine. Pour évacuer sa frustration, il va hurler et avoir un accès de colère avant de s’endormir.

Pourquoi la crise de frustration apparaît ?

Même s’ils n’en sont pas encore capables, les tout-petits veulent rapidement prouver qu’ils sont indépendants et contrôlent leur environnement.

Par exemple, un enfant peut refuser l’aide de sa maman qui veut lui donner à son repas, car il juge qu’il est en âge de manger tout seul.

En découvrant qu’il n’est pas en mesure de faire de façon indépendante ou d’avoir ce qu'il désire, il ressent un sentiment d’injustice. C’est à ce moment qu’arrivent les cris de colère ou le redouté caprice.

Le fait de ne pas pouvoir expliquer ses émotions peut augmenter son sentiment de mal-être. Celui-ci diminue lorsque les compétences linguistiques du bambin évoluent.

Crises de colère : des gestes simples pour les éviter

C’est une réalité pour tous les parents : les émotions de l’enfant peuvent être difficiles à gérer.

Certains conseils aident à ne pas se mettre en colère directement et contribuent à une parentalité positive. En voici quelques-uns :-)

Accorder de l’attention de façon positive et bienveillante

L’attention positive se traduit par de nombreux petits actes de la vie.

Prenons un exemple de base. Pour être bien, un enfant a besoin de dormir suffisamment.

Si tel n’est pas le cas, il risque d’être grognon, de pleurer ou crier tout au long de la journée. Sa nuit n’a pas été bonne ? Une sieste peut contribuer à rattraper les heures de sommeil manquées.

Accorder une attention bienveillante, c’est encourager le comportement positif d’un jeune enfant avec, par exemple, un gros câlin ou un mot gentil. On insiste toujours sur les actions bien effectuées.

Laisser contrôler de petites choses

Malgré son jeune âge, le petit peut prendre certaines décisions. Des questions ouvertes lui donnent l’impression de contrôler son environnement :

  • “Tu veux mettre ton pull bleu ou blanc aujourd’hui ?”
  • “Tu préfères boire du lait ou de l’eau pour ton goûter ?”
  • “On lit une histoire maintenant ou ce soir ?”

Il apprécie fortement le sentiment d’empathie de ses parents qui le laissent exprimer ses préférences. C’est même une grande fierté pour lui !

Mettre certains objets hors de vue

Il vaut mieux prévenir les crises de rage que de devoir calmer un enfant qui pleure beaucoup ! Pour éviter plus facilement ce type de frustrations, on a le réflexe de placer les objets interdits hors de portée des petits monstres.

Aider à acquérir de nouvelles compétences

Pour que le bambin sente qu’il évolue, il est important de lui expliquer et lui apprendre de nouvelles bases.

C’est le moment de lui montrer comment peigner le chiot de la maison ou comment boire son biberon tout seul.

Être conscient des limites de l’enfant

L’inconfort d’un enfant stressé se reflète par des sanglots excessifs ou parfois même par des coliques. Chacun est différent et vit les choses à sa façon.

Il est essentiel d’accueillir avec bienveillance ses peurs, ses limites et ses crises de colère.

L’enfant demande beaucoup d’attention et agite les bras toutes les cinq minutes pour recevoir des câlins ? Ce n’est peut-être pas le bon moment pour l’emmener au supermarché...

Ce type d’approche empathique permet de contenir la crise et, à terme, d’adopter une meilleure gestion de la colère.

D’autres conseils sont apportés dans la conférence d’Isabelle Filliozat.

Crises de colère : comment les apaiser ?

Pour réussir à calmer l’enfant, il est essentiel de comprendre son ressenti.

Céder aux caprices, dire non ou donner des punitions sont des solutions qui semblent, parfois, évidentes.

Voici quelques idées permettant de voir les choses sous un angle différent.

Garder son sang-froid

Cela s’avère souvent difficile lorsqu’on fait face à ces tempêtes émotionnelles, mais… s’énerver ne permet pas une bonne gestion de la crise de colère.

L’objectif principal est de réussir à calmer l’enfant et le réconforter, ne l’oublions pas.

Agir en fonction du type de crise

Il est midi. Le petit est turbulent et commence à pleurer comme un bébé ? On prépare le repas et on file à la sieste !

Faire face aux caprices d’un enfant qui refuse de faire quelque chose est difficile.

À certains moments, il peut être judicieux de ne pas trop réagir et de le laisser pleurer. Cependant, il faut veiller à ce que les choses soient faites dès que le petit est calmé. Il comprend alors que sa crise de rage ne lui a servi à rien.

Anticiper les besoins

Son papa lui a dit calmement qu’il ne lui achèterait pas de nouveau jouet, mais le petit garçon ne veut pas entendre raison. Anticipons sa frustration en lui proposant de jouer et se défouler !

“Cours après moi Lucas, on va voir si tu arrives à m’attraper !”

“Lili, ça te dit une bataille de bisous ?”

En se défoulant avec ses parents, le petit se décharge de sa tension, oublie le jouet qu’il voulait et passe vite à autre chose.

Isabelle Filliozat nous explique, à sa façon, les besoins des enfants dans cette vidéo.

Distraire l’enfant

Le petit est sur le point d’exploser ? Détournons rapidement son attention !

Commencer une nouvelle activité ou montrer un autre objet sont des solutions qui ont tendance à fonctionner.

Un changement d’environnement (passer de la cuisine à la chambre) ou du toboggan à la balançoire peut aussi être une bonne idée.

Calmer les pleurs du tout-petit

Un bon moyen d’apaiser et de consoler un enfant encore très jeune est de le bercer.

La technique du portage est idéale. Elle consiste à positionner l’enfant comme un bébé (dos arrondi, jambes remontées à hauteur du nombril, genoux plus hauts que les hanches). En l’adoptant, on arrive généralement à calmer des pleurs qui semblaient pourtant inconsolables...

Colère et retour au calme

Ce livre, d’Isabelle Filliozat, permet aux enfants de mieux comprendre leurs émotions.

Cette lecture peut aider parents et enfants. Surtout après un dur moment de crise.

 

 


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