Gérer les émotions négatives de nos enfants

Gérer les émotions négatives de nos enfants

Comprendre l’origine du caprice. Est-ce une impulsion ou un aléa de l’enfance ? Conseils pour une parentalité positive et une approche bienveillante des caprices.

Les courses au supermarché sont devenues une angoisse pour la maman de Julien. Son fils lui fait régulièrement un caprice et se roule par terre dès qu’elle dit non à l’achat d’un énième jouet. Un sentiment de culpabilité la traverse à chaque crise de colère.

Pour le papa de Coralie, c’est le stress quand il va chercher sa fille à la crèche.

La petite de deux ans commence à crier et à pleurer sans raison dès qu’elle monte dans la voiture et qu’ils partent à la maison. Rester calme est un vrai challenge pour ce père de famille.

Les caprices des enfants sont vus par de nombreux psychologues comme des réactions normales de l’enfance.

Selon la psychothérapeute Christine Brunet, le caprice est “la manifestation, chez l’enfant, d’un désir impérieux, soudain, qui ne rencontre pas l’approbation du parent”.

La situation se déroule en trois temps : l’enfant exprime son envie. L’adulte dit non. Le petit le prend mal et pique une grosse colère.

De nombreux parents se sentent démunis face à ce genre d’émotion dévastatrice !

Que faire devant un tel comportement ?

Comment réagir avec ce petit être qui nous est si cher ?

Caprice : mieux comprendre son origine

Le cerveau de l’enfant, pas encore prêt à 100 %

Le caprice représente un des moyens de communication d'un enfant avec le monde extérieur. Il cache, bien souvent, un besoin profond qu’il peut difficilement exprimer.

Il est important de se rappeler qu’avant l’âge de cinq ans, les petits ont du mal à parler des émotions qu’ils ressentent. Ils sont souvent capricieux, car ils sont incapables d’utiliser des mots pour les expliquer. En effet, leur cerveau préfrontal (partie qui régule les émotions) est en plein développement.

Un bébé de moins de trois ans ne sait d’ailleurs pas ce qu'il veut exactement : il n'a tout simplement pas les compétences mentales nécessaires pour y arriver.

Il n’est pas encore apte à comprendre les situations qu’il vit ni le point de vue des personnes avec qui il est.

Les premières années de vie sont donc bien souvent faites de caprices en tout genre. Durant cette période, il est nécessaire de soutenir les plus jeunes dans la gestion de leurs émotions ainsi que dans leur apprentissage.

Le caprice selon Isabelle Filliozat

Selon la psychologue spécialiste des enfants, “un caprice est un comportement de l’enfant que l’adulte ne comprend pas. Il représente le jugement, l’interprétation, l’étiquette qu’un adulte met sur le comportement d’un enfant qu’il ne comprend pas.”

Une petite fille arrache le dessin que sa sœur offre à son papa ? Elle veut le garder pour elle et refuse de le rendre ? C’est, dans notre esprit adulte, d’office un caprice !

Depuis toujours, nous voyons le caprice comme une manipulation.

Un petit qui s’oppose a d’office une “mauvaise” intention et veut dominer ses parents.

Les adultes ressentent alors le besoin de s’affirmer face à leur enfant. Ils entrent alors, eux aussi, dans l’opposition.

Résultat ? C’est la crise à bord !

Mais, finalement, pourquoi réagit-il avec des pleurs et des crises émotionnelles ?

Quelle est l’origine exacte du problème ?

Qu’est-ce qu’il se passe dans sa tête pour exprimer de telles frustrations ?

La réponse à ces questions constitue le premier pas vers une solution durable aux caprices du tout-petit.

Caprices de l’enfant : différentes causes

Les aléas de l'enfance

Le bambin peut exprimer sa frustration lorsqu’il a mal dormi, a faim, a froid, a chaud.

Il ne se sent pas bien ou a envie de bouger, de jouer.

L’enfant a besoin d’être dans les bras de ses parents ou ne sait pas comment il doit se comporter dans certaines situations.

Le consoler et lui permettre de verbaliser ses émotions contribuent à une enfance heureuse dans un cadre bienveillant.

Est-ce réellement un caprice ?

Voyons les choses de façon objective.

Ils nous arrivent à tous de ne pas avoir très faim et de ne pas terminer notre assiette. Est-ce pour autant un caprice de notre part ? Non, nous n’avons tout simplement pas faim.

Nous avons du mal à dormir. Il fait chaud, nous sommes énervés… Impossible de rester au lit, nous nous levons. Sommes-nous considéré comme étant en phase d’opposition avec notre conjoint ? Est-ce un caprice de notre part de ne pas arriver à dormir ?

Une approche empathique peut, à certains moments, aider à voir les choses autrement. C’est un bout de solution pour décoder et faire face à certaines crises. Cela permet, en tous les cas, d’aider l’enfant à mieux gérer ses émotions.

Est-ce une impulsion ou un caprice ?

À l’inverse de l’adulte, l’enfant de moins de cinq ans vit constamment dans le présent.

Il ne pense pas aux conséquences de ses actes.

Il ne sait pas qu’en mangeant trop de bonbons, il n’arrivera pas à terminer son repas de midi.

Il n’a pas encore conscience que tous ses désirs ne peuvent être réalisés.

Il voit de jolies voitures dans les rayons du supermarché. Son cerveau crée une image mentale (avoir une nouvelle voiture maintenant, tout de suite !). Il ne peut tolérer la frustration du refus de sa maman qui tente de lui expliquer, avec bienveillance, que tout n’est pas toujours possible.

Résultat : face à sa figure d'attachement, le petit va s’énerver et entamer une crise terrible.

Caprices de l’enfant : comment réagir ?

Prendre du recul

En observant rapidement l’enfant, nous comprenons qu’il a certainement besoin d’exprimer quelque chose.

Un sentiment de frustration, une envie d’attirer l’attention, une impossibilité d’être patient.

Il fait alors preuve de gestes “instinctifs” qui semblent blessants aux yeux d’un adulte : crier, pleurer, taper du pied, mordre…

Ces quelques idées facile à mettre en oeuvre peuvent aider un enfant à gérer ses émotions :

  • se placer à son niveau ;
  • garder un contact visuel ;
  • avoir un contact physique : prendre l’enfant dans ses bras, lui faire un câlin afin qu’il se calme intérieurement ;
  • verbaliser ce qu’on voit et prouver qu’on comprend la situation : “tu es déçue que je ne puisse pas t’offrir une nouvelle poupée” ;
  • exprimer ce qu’on ressent : “je me sens mal de te voir dans cet état. Je ne sais pas comment t’aider. Expliquemoi pourquoi tu es fâché.” ;

La parentalité bienveillante et l’éducation positive préfèrent le dialogue à la punition ou à la menace de sanctionner.

Oser prendre les choses en main

Éduquer et aider à bien grandir, c’est aussi ne pas ignorer les émotions de l’enfant, quelles qu’elles soient. Colères, peurs, tristesse, dégoût, crises de rage, agressivité doivent aussi être pris en compte.

S’il sait qu’il peut obtenir tout ce qu’il veut au moindre caprice, l’enfant entrera en période d’opposition pour un oui ou pour un non. Il manipulera alors les adultes dès qu’il en aura l’occasion.

Quelques conseils pour faire face aux caprices :

  • on met de côté le laxisme ;
  • on accepte l’idée que des limites sont à poser ;
  • on pense à nommer les émotions du petit lorsqu’il commence à s’énerver.

Ces trois conseils peuvent très certainement limiter des crises de colère importantes.

Poser une question essentielle et… jouer !

“Louise, tu m’as l’air super fâchée parce que je te demande de quitter la plaine de jeux.

Est-ce que, pour toi, c’est un grand, un moyen ou un petit problème de devoir partir d’ici maintenant ?”

Si Louise nous répond que le problème est petit, la solution peut vite être trouvée : “je te propose de revenir ce dimanche jouer pendant une heure”.

Si elle considère que son problème est d’une ampleur plus importante, elle devra, dans un premier temps, arrêter de crier. Ensuite, l’adulte qui l’accompagne lui dit calmement que son mal-être ne peut être résolu qu’avec un dialogue, à la maison.

Faire preuve de compassion, d’empathie et proposer diverses solutions au problème de Louise font partie des techniques de communication non-violente.

Enfin, comme l’indique le Docteur Filliozat dans son interview, le jeu permet à l’enfant de prendre le dessus sur la situation. Jouer est une action importante dans l’accompagnement parental du petit qui apprend à apaiser ses sentiments autrement que par la violence.


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